Il y a eu un moment dans ma vie où j’ai su.
Su que je ne pouvais plus rester en surface.
Mais entre le savoir… et oser plonger, il y a un vertige.
Parce que oui, travailler sur soi peut faire peur.
Peu de gens le disent vraiment, mais aller à sa rencontre, profondément, ce n’est pas forcement doux au début, et ce, même une fois le travail débuté.
C’est inconfortable. Brut et intense parfois. Ça fait peur d’aller voir ses parts d’ombre.
Ça fait peur de sentir ce qu’on a passé durant des années à éviter.
Ça fait peur de rouvrir des portes qu’on avait soigneusement refermées.
Et surtout… ça fait peur de découvrir des choses en soi qu’on n’a pas envie de voir.
J’ai eu peur moi aussi.
Peur de ce que j’allais trouver. Peur de ne pas réussir à gérer. Peur que ce soit “trop”.
Et pourtant, j’y suis allée.
Mais avec cette sensation intérieure que rester comme j’étais me faisait plus de violence que d’oser regarder. Alors j’ai commencé à descendre. À écouter. À ressentir.
À mettre de la conscience là où il n’y en avait pas. Et petit à petit… quelque chose s’est ouvert. J’ai appris à me voir sans me fuir. À reconnaître ce qui ne me convenait plus. À poser des limites là où avant je me trahissais.
À comprendre mes mécanismes, mes peurs, mes réactions.
Je me suis aussi autorisée à lâcher. Vraiment. Et dans ce lâcher-là, il y a eu une forme de liberté que je n’avais jamais connue. Est-ce que tout est devenu facile ?
Non. Il y a encore des moments de doute.
Des moments où je recule.
Des moments où certaines blessures se réactivent. Mais la différence aujourd’hui… c’est que je sais où revenir. Je reviens à moi.
Je reviens aux espaces qui me soutiennent.
À la thérapie.
Aux soins.
Au corps.
Parce que j’ai compris une chose essentielle :
ce chemin n’est pas linéaire, mais il est profondément transformateur. J’ai exploré différents chemins ;
Des retraites, des accompagnements individuels, la puissance de la parole.
Des pratiques psycho-corporelles, le souffle, le yoga, le breathwork…Autant de portes d’entrée vers moi-même. Et à chaque fois, j’ai appris. À être plus alignée. Plus juste. Plus en paix avec qui je suis.
Ce travail… n’a pas de prix.
Parce qu’il change ta manière d’être au monde.
Ta manière d’aimer.
Ta manière de te respecter.
Alors si toi aussi tu ressens cet appel, mêlé de peur… sache que c’est normal.
La peur ne veut pas dire que tu ne dois pas y aller.
Souvent, elle montre exactement l’endroit où quelque chose t’attend.
Et peut-être que tu n’as pas besoin d’être prêt(e).
Juste… prêt(e) à commencer.
Aho.
Depuis longtemps, je ressentais un appel pour l’Inde. Quelque chose de difficile à expliquer, presque irrationnel, mais je le ressentais au plus profond de moi.
Comme une intuition silencieuse mais persistante.
Un endroit qui m’attirait… sans que je sache vraiment pourquoi. Et en même temps, il y avait énormément de peur. Peur de partir seule. Peur de ne pas savoir me débrouiller. Peur de laisser mon quotidien.
Peur de l’inconnu, de perdre mes repères, de ne pas être à la hauteur. Mais il y avait aussi une peur plus profonde, plus intime. La peur d’être abandonnée.
La peur que si je partais, quelque chose change.
Que je ne retrouve pas ma place en revenant.
Que les liens évoluent… ou disparaissent.
Comme si partir, c’était risquer de me retrouver seule.
Et puis il y avait tout ce qu’on m’a renvoyé.
Quand j’ai commencé à en parler autour de moi, les réactions ont été très fortes, intenses.
On m’a dit que j’étais inconsciente, folle même.
Que ce n’était pas un pays pour une femme seule.
Que c’était dangereux.
Que je devais faire attention.
Que ce n’était pas raisonnable.
À force de l’entendre, le doute, la peur s’est installé.e.
J'ai voulu rennoncer de nombreuses fois.
Mais malgré tout ça…quelque chose en moi savait.
Alors j’y suis allée. Avec la peur, stress, anxiété.
Avec mes doutes. Mais surtout les peurs de mon entourage....
Est-ce que j'étais prête.... ? Pas vraiment.... Mais tu sais quoi, on ne l'est jamais totalement. ;)
Et ce voyage a été un tournant. Surement un des plus important de ma vie. Il a marqué un tournant radical dans ma vie et fait naître la pensée que même si j'avais peur je pouvais y arriver.
Dès les premiers jours, tout était différent. Les odeurs.
Les couleurs.
Le bruit.
Le mouvement. Rien ne ressemblait à ce que je connaissais. C’était intense, parfois déroutant…
mais profondément vivant. Et au milieu de tout ça, il y a eu les rencontres. Des regards.
Des échanges simples.
Des moments inattendus. Des personnes qui ont marqué quelque chose en moi,
sans forcément rester longtemps.
J’ai aussi découvert une autre manière de voir la vie ; À travers la philosophie du yoga,
À travers les pratiques, les enseignements, les espaces de silence. Quelque chose de plus lent.
De plus ancré.
De plus essentiel. Et surtout…je me suis rencontrée moi. Pas dans le confort.
Pas dans ce que je maîtrisais. Mais dans l’inconnu. Dans les moments de doute.
Dans les moments de solitude.
Dans les moments où je n’avais plus mes repères habituels.
Et c’est là que quelque chose a changé. J’ai réalisé que je pouvais avoir peur… et avancer quand même.
Que je pouvais ne pas tout contrôler… et me sentir vivante.
Que je pouvais être seule… sans être abandonnée.
Ce voyage m’a transformée, mais pas de manière spectaculaire ou magique.
Plutôt en profondeur. Il a déplacé quelque chose en moi.Il m’a donné l’élan de continuer à oser.
À écouter ce qui m’appelle... même quand ça fait peur.
Et aujourd’hui, je sais que si je n’avais pas fait ce pas-là…je serais passée à côté de beaucoup plus que ce voyage.
Je serais passée à côté d’une partie de moi.
La blessure d’abandon est une empreinte psychique et corporelle profonde qui se construit généralement dans l’enfance, lorsque les besoins fondamentaux de sécurité, de présence ou de continuité affective n’ont pas été suffisamment nourris.
Elle ne résulte pas uniquement d’un abandon réel ou physique.
Elle peut émerger dans des contextes beaucoup plus subtils : un parent émotionnellement indisponible, des séparations répétées, une instabilité affective ou encore un environnement où l’enfant ne se sent pas pleinement sécurisé.
Ce qui caractérise cette blessure, c’est avant tout une insécurité intérieure persistante.
L’enfant, puis l’adulte, développe la conviction consciente ou inconsciente que le lien peut se rompre à tout moment. Cette croyance ne se situe pas uniquement au niveau mental : elle est inscrite dans le système nerveux, donc dans le corps.
Le corps reste en vigilance, prêt à détecter les signes d’éloignement ou de rupture potentielle.
À l’âge adulte, cela se manifeste souvent dans les relations. La personne peut ressentir un besoin important de proximité, de réassurance ou de validation.
Le moindre changement dans le comportement de l’autre que ce soit un silence, une distance, une réponse plus froide peut activer une réaction émotionnelle intense : anxiété, peur, tristesse, voire panique.
Ce n’est pas la situation en elle-même qui est vécue comme menaçante, mais ce qu’elle réactive intérieurement.
Pour tenter de maintenir le lien, différents mécanismes peuvent apparaître.
Certain.es vont s’adapter fortement à l’autre, donner beaucoup, parfois au détriment d’eux-mêmes.
D’autres peuvent osciller entre dépendance et retrait, par peur d’être trop investis.
Dans tous les cas, il y a souvent une difficulté à se sentir pleinement en sécurité dans le lien.
Il est essentiel de comprendre que ces réactions ne sont ni excessives ni irrationnelles.
Elles sont des réponses adaptatives qui ont permis à un moment donné de préserver le lien ou de faire face à un manque. Le système a appris à fonctionner ainsi pour survivre émotionnellement.
Travailler sur la blessure d’abandon ne consiste pas à “devenir indépendant” ou à ne plus avoir besoin des autres. Il s’agit plutôt de reconstruire un sentiment de sécurité intérieure, en réapprenant progressivement au corps qu’il peut rester en lien sans être en danger. Cela passe par une reconnexion aux sensations, aux émotions, et par une expérience relationnelle différente, plus stable et sécurisante.
C’est un chemin qui demande du temps, de la douceur et du respect du rythme de chacun.e, afin de permettre au SN de se réguler progressivement.
Mais c’est aussi un processus profondément transformateur. À mesure que la sécurité intérieure se renforce, les relations deviennent moins anxiogènes, plus libres, et surtout plus alignées avec qui l’on est réellement.
La peur.
On passe notre vie à vouloir l’éviter, à la faire taire, à la contourner. Comme si elle était un problème. Comme si elle était un signe qu’on ne devrait pas y aller.
Mais la peur n’est pas là pour t’arrêter.
Elle est là pour te réveiller. La peur, c’est une réaction du corps. Un signal. Quelque chose en toi perçoit un inconnu, un changement, une perte de contrôle. Et immédiatement, ça contracte, ca résiste, ca doute.
Et pourtant…
Regarde bien ta vie.
Combien de fois es-tu resté.e dans une situation qui ne te convenait plus… juste parce que c’était confortable ?
Combien de fois as-tu répété les mêmes schémas, les mêmes relations, les mêmes dynamiques… simplement parce que c’était connu ? La peur te maintient dans le connu.
Mais elle pointe toujours vers ce qui cherche à évoluer.
Parce que derrière la peur, il y a souvent quelque chose de profondément juste pour toi.
Quelque chose d’aligné. Quelque chose qui demande à émerger. Oui, sortir de sa zone de confort fait peur.
Oui, aller vers l’inconnu crée de l’insécurité.
Mais rester au même endroit, dans des schémas qui ne te nourrissent plus… ça a un coût aussi.
Un coût silencieux, mais réel. La vérité, c’est que la peur peut devenir une force.
Une énergie motrice. Celle d'y aller, oser, oser te dire oui.
Un passage.
Je le sais parce que je l’ai vécu.
J'ai eu peur beaucoup de fois, mais j'ai envie de te partager celle-ci.
J’ai eu une peur immense à l’idée de partir seule en Inde pour la première fois de ma vie.
Une peur viscérale. Loin de mes repères, de mes habitudes, de tout ce que je connaissais.
Tout en moi voulait rester. Se protéger. Renoncer.
Et puis il y a les autres aussi, ceux qui ont peur pour toi, ceux et celles qui projetent leur propre peur sur toi.
Mais quelque chose en moi savait que je devais y aller.
Alors j’ai osé.
Et là-bas, il s’est passé quelque chose que je n’aurais jamais pu vivre autrement.
Je me suis rencontrée. Vraiment.
J’ai répondu à des questions que je portais depuis longtemps.
Je me suis sentie plus alignée, plus ancrée, plus proche de qui je suis. Ce n’était pas confortable, vraiment crois moi.
Mais c’était profondément juste et libérateur. Et c’est souvent ça, la vérité de la peur :
elle ne te montre pas ce qui est dangereux…
elle te montre ce qui est vivant. Alors la question n’est pas : “Comment ne plus avoir peur ?”
Mais plutôt : “Qu’est-ce que ma peur m’invite à traverser ?” Parce que de l’autre côté…
il y a souvent une version de toi que tu n’as pas encore rencontrée.
Comprendre ses schémas psychologiques est souvent la première étape d’un chemin de transformation, mais cette compréhension ne suffit pas toujours à modifier les réactions profondes du corps et du système nerveux.
Beaucoup de personnes peuvent analyser avec lucidité leurs comportements, identifier l’origine de certaines blessures et mettre des mots sur leurs mécanismes internes, tout en continuant à reproduire les mêmes réactions dans leur vie émotionnelle ou relationnelle.
Ce phénomène s’explique en grande partie par la manière dont notre système nerveux enregistre et mémorise les expériences.
Lorsqu’une expérience intense ou difficile survient et qu’elle ne peut pas être pleinement intégrée au moment où elle se produit, le corps peut en garder une trace sous forme de mémoire implicite. Contrairement à la mémoire narrative, cette mémoire n’est pas stockée sous forme d’histoire ou de souvenirs clairement accessibles à la conscience. Elle s’inscrit dans les sensations corporelles, les réflexes émotionnels et les réponses automatiques du système nerveux.
Ainsi, face à certaines situations qui rappellent inconsciemment une expérience passée, le corps peut réagir avant même que le mental ait eu le temps d’analyser ce qui se passe. Cette réaction peut prendre la forme d’une montée d’anxiété, d’une contraction physique permanente ou non, d’un besoin de se protéger ou de s’éloigner ou encore une montée émotionnelle difficile à extérioriser sereinement.
Dans ces moments-là, la réaction n’est pas nécessairement liée uniquement à la situation présente, mais aussi à ce qui a été enregistré dans le système nerveux dans le passé.
C’est pour cette raison que la compréhension intellectuelle, bien qu’essentielle, ne transforme pas toujours immédiatement les réponses émotionnelles. Le mental peut comprendre, mais le corps peut continuer à réagir selon ses anciens repères de sécurité.
La transformation durable implique donc souvent un travail qui inclut le corps et le système nerveux.
Des pratiques qui permettent de ralentir, de ressentir et de réguler les états internes peuvent aider le système nerveux à intégrer progressivement ce qui n’a pas pu l’être auparavant.
Ce processus demande du temps, de la sécurité et parfois un accompagnement adapté.
Peu à peu, le système nerveux peut apprendre qu’une situation actuelle n’est pas nécessairement la répétition d’une expérience passée.
Lorsque cette intégration se produit, les réactions deviennent plus souples et moins automatiques.
Le corps retrouve progressivement une capacité de régulation plus stable. Les émotions circulent différemment et les réponses deviennent plus conscientes. La compréhension intellectuelle garde alors toute sa valeur, mais elle s’accompagne d’une transformation plus profonde qui inclut l’expérience corporelle.
C’est souvent à ce niveau que les schémas commencent réellement à se modifier.
Beaucoup de personnes que j’accompagne comprennent parfaitement leurs schémas. Elles savent pourquoi elles s’attachent trop vite, pourquoi elles tolèrent certaines situations, pourquoi elles ont peur d’être quittées ou de décevoir.
Elles ont lu, écouté des podcasts, fait des thérapies.
Le problème n’est pas un manque de conscience. Le problème est que le corps, lui, continue de réagir comme s’il était encore dans le passé. Le mental analyse mais le système nerveux répète. Tant qu’une émotion n’a pas été réellement, acceuillie, traversée et libérée, elle reste active dans le corps et parfois de manière silencieuse. Elle influence les choix, les réactions, les attirances. On croit choisir en conscience alors qu’on répond à une mémoire corporelle. Comprendre rassure. Libérer transforme.
C’est là que le travail corporel devient essentiel.
Respirer différemment, bouger, trembler, pleurer, crier, ressentir vraiment ce qui n’a jamais été pleinement vécu permet au système nerveux de sortir de la survie. Sous la surface, il n’y a pas un manque de volonté. Il y a une tension retenue. Et tant qu’elle n’est pas relâchée, le schéma revient.
La question n’est donc plus “Pourquoi je fais ça ?” mais “Est-ce que je suis prêt.e à laisser mon corps lâcher ?”. Si tu sens que c’est là que ça se joue pour toi, alors la retraite Animae est un espace pour vivre cette bascule, pas seulement la comprendre.
Tu peux savoir que cette relation n’est pas bonne pour toi.
Tu peux savoir que tu mérites mieux.
Tu peux savoir que tu n’es plus en danger.Mais si ton corps ne ressent pas la sécurité,
il ne mettra pas à jour ses réponses. Le mental comprend.
Le corps, lui, fonctionne par expérience.Tant qu’une mémoire traumatique reste stockée dans les tissus, dans la respiration, dans la posture… elle s’active automatiquement face à des situations qui ressemblent de près ou de loin au passé. Ce n’est pas irrationnel.
C’est neurobiologique. Et c’est précisément pour cela que certaines thérapies exclusivement verbales atteignent une limite. Parce que le traumatisme vit dans le système nerveux autonome.
Et le système nerveux a besoin d’une expérience corporelle nouvelle pour évoluer.
Il y a aussi un point essentiel : le cerveau rationnel représente une petite partie de ton fonctionnement. En situation d’activation émotionnelle, ce ne sont pas tes analyses qui prennent le relais, mais les circuits archaïques de survie. Le corps réagit en millisecondes, bien avant que la pensée consciente n’intervienne. C’est pour cela que tu peux te promettre de ne plus accepter certaines dynamiques… et te retrouver malgré toi dans la même scène. Tant que la mémoire implicite n’est pas régulée, la répétition n’est pas un choix, c’est une réponse automatique.
On pense souvent qu’un traumatisme est forcément spectaculaire.
Un accident. Une violence. Un choc évident. En réalité, le traumatisme est la trace laissée dans le système nerveux lorsque quelque chose a été “trop” : trop rapide, trop intense, trop solitaire. Ce n’est pas l’événementen lui même qui marque mais bien la trace.
C’est l’énergie bloquée.cQuand le corps n’a pas pu fuir, crier, trembler, se défendre ou être soutenu… il a figé.
Et ce figement devient une mémoire. Des années plus tard, on ne comprend pas pourquoi certaines situations déclenchent une peur disproportionnée, une colère soudaine ou un repli automatique.
Ce n’est pas irrationnel.
C’est le corps qui se souvient.
Et tant que cette mémoire reste encapsulée dans les tissus, elle dirige la vie en silence.
Sur le plan cérébral, lorsqu’un événement est vécu comme menaçant, l’amygdale, centre d’alarme du cerveau, s’active massivement. Elle envoie un signal d’urgence au corps avant même que le cortex préfrontal (la zone de réflexion et d’analyse) ait le temps d’évaluer la situation. Le système nerveux déclenche alors la fuite, le combat… ou le figement. Si l’expérience est trop intense ou si aucun soutien n’est présent, l’hippocampe , chargé de contextualiser les souvenirs dans le temps ne peut pas intégrer correctement l’événement.
Le souvenir reste alors fragmenté, stocké sous forme de sensations, d’images, de tensions corporelles. Ce n’est pas “du passé” pour le cerveau. C’est une menace toujours potentielle.